Lire ou ne pas lire. Telle est la question. Un roman ? Une nouvelle ? Quelle histoire sera votre prochaine aventure ? Suivez nos auteurs sur le chemin de l’imaginaire... Qui sont-ils ? Quels sont leurs environnements de travail ? Où puisent-ils leur inspiration ? Comment inventent-ils leurs personnages ? Poursuivez votre lecture...

lundi 3 décembre 2012

Emmanuelle Dupal - auteure


Votre site web : www.emdupal.com Le site sera mis à jour début janvier 2013 (c’est le cadeau de Noël que j’ai demandé ! ;-)

Vos éditeurs :

Pour Sabotage en 4e année : Les Éditions de la Paix
Pour la série Princesse Cléo : Les Éditeurs réunis (LÉR)
Pour la série La prédiction d’Idriss : La courte échelle

Twitter : Je n’ai pas de compte Twitter.

Où vos romans sont-ils vendus :
Dans toutes les librairies au Québec, et même en France, par le biais de la Librairie du Québec à Paris.

Qui êtes-vous, en quelques lignes ?
Un étrange composite de mère de famille, d’écrivain, de technicienne en documentation, d’agent de bureau et, à mes heures, de lutin de Noël ! Le tout saupoudré d’influences québécoises et belges.

D’où vous est venue l’envie d’écrire ?
Enfant, j’écrivais des histoires, beaucoup de poèmes, et à quelques occasions, des pièces de théâtre avec un de mes cousins, au chalet, l’été. L’idée était de monter une production et de la présenter devant les parents. Mais les acteurs étaient si nombreux que ces projets tombaient généralement à l’eau. Je ne me souviens pas qu’une seule de ces pièces ait été interprétée devant public. ;-) En fait, nous finissions toujours par nous disputer : les seconds rôles réclamaient plus de répliques, les premiers rôles avaient des caprices de vedettes, et les figurants ne pensaient qu’à rire et à s’amuser. Plutôt solitaire, je lisais et j’écrivais comme d’autres éprouvent le besoin de faire du vélo ou de jouer au soccer ! Ma détente, je la trouvais dans les univers des autres, et dans ceux que je créais.



Quel a été votre parcours ?
Au sortir du secondaire, j’aurais aimé étudier en Lettres. Mais les gens de mon entourage ne cessaient de me répéter qu’il n’y avait aucun avenir dans le domaine de la littérature, à part l’enseignement. À l’époque, j’étais d’une timidité maladive et donc incapable de m’imaginer discourir devant une classe. J’ai donc préféré explorer diverses facettes de la vie plutôt que d’étudier dans un domaine qui ne m’intéressait pas. J’ai exercé plusieurs métiers : monitrice de camp de vacances pour handicapés intellectuels, préposée aux bénéficiaires, vendeuse puis gérante de boutique, secrétaire de notaire, commis de bibliothèque etc.

Quand j’ai décidé de poursuivre mes études, j’étais maman d’une adorable petite fille d’un an et demi. J’ai fait une technique de la documentation et recommencé à écrire mais uniquement pour mon plaisir. Ce n’est qu’en 2007 que j’ai tenté de soumettre un premier manuscrit, qui fut accepté et publié sous le titre Sabotage en 4e année. Ce roman a été finaliste au prix Hackmatack 2008-2009 et m’a valu d’aller faire une tournée de rencontres d’auteur au Nouveau-Brunswick.

Presque tous mes romans ont été retenus dans la Sélection Communication-Jeunesse des meilleurs livres d’ici (les autres qui n’y figurent pas ne seront éligibles que l’an prochain !).

Quels sont vos romans disponibles en librairies ?
En ce moment, certains tomes de la série Princesse Cléo et Les empreintes mnémoniques, le tome 1 de la Prédiction d’Idriss. Mais on peut obtenir tous mes autres romans en les commandant au libraire, qui les fera venir en succursale.


Lesquels avez-vous préféré écrire et pourquoi ?
Il n’y a pas de livre que j’ai préféré écrire plus qu’un autre. Chacun a correspondu à un besoin d’exprimer certaines idées à un moment précis.
Sabotage en 4e année oppose discrimination et tolérance dans une classe du primaire. Quand j’ai écrit ce roman pour les 9-12 ans, j’étais bénévole en bibliothèque scolaire pour ce niveau et j’avais envie d’écrire un roman humoristique qui permettrait de désamorcer ce genre de conflit.
La série Princesse Cléo relate les aventures fictives de la future Cléopâtre VII de l’âge de 14 à 17 ans, tout en dépeignant le contexte historique qui est propre à son époque. Il s’agit donc d’une série fantastique-historique. Cléo, la fille du pharaon, communique avec les dieux. Avec ses amis, elle doit défendre le royaume de son père contre les attaques d’une divinité maléfique. Comme j’adore l’Histoire, les romans historiques et les biographies de personnages célèbres, j’ai eu beaucoup de plaisir à écrire cette série.
Quant à La prédiction d’Idriss, elle m’a permis d’explorer la notion de souvenir et l’empreinte que nous laissons derrière nous après notre vie. En décrivant un conflit majeur entre deux peuples, j’ai aussi voulu démontrer qu’il n’y a pas de bons d’un côté et de méchants de l’autre, comme on le voit trop souvent au cinéma, mais plutôt que chaque clan comprend son lot de traîtres, de loyaux sujets, et de spectateurs impuissants qui subissent les effets de la violence dont ils sont entourés.


Décrivez-nous votre façon d’écrire, votre environnement de travail, votre horaire.
Je commence toujours un chapitre en écrivant à la main. Ensuite, je retranscris cette partie de texte à l’ordinateur et je continue à l’écran et au clavier. Mais dès que je suis interrompue, par exemple pour me rendre à mon emploi, je dois reprendre à la main et recommencer le même processus. Je suis incapable de débuter à froid à l’ordinateur.
Mon horaire idéal est d’écrire très tôt le matin, ce qui est impossible en ce moment. Par contre, j’ai la chance de travailler à temps partiel et d’avoir tous mes après-midis pour écrire, ce qui est déjà très bien !

Quels auteurs vous ont le plus influencé ?
J’ignore s’ils m’ont influencée, mais mes auteurs préférés sont : Jane Austen, John Steinbeck, Marcel Pagnol, Éric-Emmanuel Schmitt pour son Cycle de l’invisible, André Schwartz-Bart, Daniel Pennac et plusieurs autres…J’apprécie énormément la tendresse qui se dégage dans leur œuvre. J’ai aussi lu beaucoup de livres sur l’histoire de certains peuples, de nombreux romans historiques et plusieurs biographies de personnages célèbres.
En littérature jeunesse, j’ai aimé : la série Harry Potter de J.K. Rowling, les Percy Jackson de Rick Riordan, Miss Pissenlit d’Andrée Poulin, Ding Dong de Robert Soulières (une relecture des Exercices de style de Raymond Queneau), la série Hermux Tantamoq de Michael Hoeye, et plusieurs autres…


Quels livres vous ont le plus marqué ?

Enfant : Le sablier magique de Marcel Schneider, les Contes d’Andersen et ceux de Charles Perrault, Le petit prince d’Antoine de St-Exupéry parmi une montagne de livres et de bandes dessinées dévorés à toute heure du jour (mais pas de la nuit car je suis une véritable marmotte !).

Adolescente : Le journal d’Anne Frank, le Cycle de Dune de Frank Herbert, la trilogie du Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien, Les Rois maudits, de Maurice Druon, pour ne nommer que ceux-là.

Adulte : À l’Est d’Eden, de John Steinbeck, Le dernier des Justes, d’André Schwartz-Bart, et la plupart des ouvrages de mes auteurs préférés…

Avez-vous encore le temps de lire ?
Beaucoup moins qu’avant, car je suis écartelée entre l’écriture de deux séries, le collège où je travaille et mes responsabilités de mère, ce qui ne me laisse pas beaucoup de temps pour déguster un bon livre…

Quel est le livre que vous lisez en ce moment ?
En littérature jeunesse : Guerres, de Charlotte Gingras.
En littérature pour adulte : Les fruits sauvages du huitième jour, d’Alain Ulysse Tremblay.

Selon vous, que signifie « écriture poétique » dans un roman ?
Deux choses. Soit des tournures de phrase évoquant des images poétiques comme par exemple : Les arbres dégarnis montraient encore quelques vestiges de leur gloire automnale. Éclaboussures d’or et baies rouge vif tranchaient dans la grisaille environnante. Cet extrait est tiré du tome 1 de La prédiction d’Idriss : Les empreintes mnémoniques.
Ou encore l’insertion de petits bouts de poésie à travers un texte qui lui n’a rien de poétique. Par exemple, dans la série Princesse Cléo, certains personnages récitent des incantations et des formules magiques. Sachant que les Égyptiens de l’Antiquité jouaient beaucoup avec la sonorité des mots, je me suis amusée à écrire des formules ressemblant à des comptines, avec un rythme qui s’impose de lui-même à la lecture. Dans Les serviteurs de Seth, la déesse Satis va construire un pont suspendu en se servant de quatre flèches et de toiles d’araignées. Elle récite : Changez de nature, je vous en conjure, traits de bois, venez à moi ! Puis elle ajoute : Toile fragile, menu faufil, nœuds d’Isis, force de Satis !
Que ce soit dans un cas ou dans l’autre, je préfère n’utiliser l’écriture poétique qu’avec parcimonie, à petites doses.


Auriez-vous envie de nous décrire votre première rencontre avec votre premier éditeur ?
De nos jours, beaucoup d’éditeurs fonctionnent par courriel et par téléphone avec leurs auteurs, surtout quand ils n’habitent pas dans la même ville. C’était le cas avec mon premier éditeur, dont la maison d’édition est située à St-Alphonse-de-Granby.
Je travaillais donc avec monsieur Jean-Paul Tessier des Éditions de la Paix, depuis plus d’un an quand nous nous sommes enfin rencontrés au Salon du livre de Montréal pour la première fois !


Pour le plaisir...
J’adore aller au bord de la mer, marcher de longues heures sur une plage, me promener avec un chien sous la pluie (j’ai eu un Labrador brun pendant onze ans, jusqu’à son décès, et une présence canine me manque), regarder les Grand Prix de Formule Un et les oiseaux à la mangeoire, l’odeur du romarin et de la cannelle, la crème glacée à la vanille, la musique de Jason Mraz, de Selah Sue, d’Adele, et de beaucoup d’autres, ainsi que peindre en amateur toiles et objets décoratifs.


Quels sont vos rituels d'écriture ?
Je n’en ai pas vraiment, ou bien je n’en suis pas consciente.
Relire le dernier passage écrit la veille, y apporter de nombreuses corrections, puis continuer à partir de ce point.

Qu’est-ce qui vous distrait le plus lorsque vous écrivez ?
Je ne peux pas écouter de la musique que j’aime et écrire en même temps. Dès que j’entends une pièce musicale qui me fait vibrer, je plonge complètement dans son univers, ce qui bloque ma production. Pour écrire, je préfère être entourée de peu ou pas de bruit du tout.

Avez-vous un projet de roman en cours ?
J’écris présentement le dernier tome de la série Cléo : Les émissaires de Sekhmet, et tout de suite après je serai en écriture du tome 3 de la série La prédiction d’Idriss à la courte échelle. J’aimerais beaucoup écrire le texte d’album illustré pour les enfants de 0 à 5 ans. Ça viendra peut-être…

Qui sont vos premiers lecteurs avant publication ?
Pour Sabotage en 4e année, j’ai eu un comité de lecture formé par quatre élèves de 4e année. Leurs commentaires et leur intérêt m’ont prouvé que ce roman pouvait plaire aux lecteurs du même âge. Pour mes séries qui s’adressent aux lecteurs de 11 à 17 ans, ce sont mes enfants, mon conjoint et des membres de mon entourage qui ont lu, soit les manuscrits en entier, soit des extraits, et qui m’ont guidée par leurs commentaires et leurs questionnements. .


Une citation qui vous a marquée ?
La vraie question est peut-être au fond celle-ci : le souvenir fait-il toujours bien son travail, qui est de réparer ce que le réel avait abîmé ? Cette citation est de Jean-François Beauchemin. Je l’aime parce qu’elle ouvre la voie à toutes sortes de réflexions.
J’apprécie aussi beaucoup celle-ci, de Claude Jasmin : On est toujours trompé par quelque chose, l’important est de ne pas se tromper soi-même. Je crois que nous avons tous un peu tendance à nous convaincre du bien-fondé d’une décision, même lorsque nous savons que, ce faisant, nous prendrons une mauvaise direction. C’est une façon de nous leurrer nous-mêmes pour nous auto-justifier qui est une grande perte de temps, à mon avis.

Avez-vous reçu des remarques surprenantes de la part de lecteurs ?
Pour Sabotage en 4e année, deux garçons m’ont écrit pour me dire qu’ils avaient beaucoup aimé le livre, mais surtout qu’ils étaient très fiers d’avoir enfin réussi à lire un roman de plus de 100 pages ! J’ai été très contente pour eux et je me suis fait une joie de les féliciter.
Pour la série Princesse Cléo, une jeune lectrice m’a dit s’être abonnée à deux revues sur l’archéologie et l’Égypte ancienne après avoir débuté la série. Elle se passionne maintenant pour la mythologie égyptienne  et m’informe de ses découvertes de temps à autre. Bien entendu, quand mes lecteurs prennent la peine de m’écrire (ils peuvent le faire par le biais de mon site internet), je leur réponds dès que possible.


Quel serait votre mot d’encouragement pour un nouvel auteur ?
Je lui conseillerais de faire lire son texte par des membres de son entourage. D’accepter de se remettre en question en recevant leurs commentaires. Si les mêmes remarques reviennent souvent, le texte doit probablement être retravaillé. Je ne me souviens plus qui a dit qu’écrire était 10 % d’inspiration et 90 % de transpiration, mais cette équation me paraît tout à fait juste ! Alors, bon courage !!

Lorsque l’auteur juge que son manuscrit est prêt à être soumis à un éditeur, il est crucial de faire une bonne recherche au niveau des maisons d’éditions. Par exemple, il est inutile de soumettre un texte jeunesse à une maison qui ne publie que pour les adultes, tout comme il serait vain d’envoyer un texte de fiction à quelqu’un qui se spécialise dans les ouvrages de référence. Ce commentaire peut paraître superflu et pourtant beaucoup d’éditeurs disent recevoir un grand nombre de manuscrits dont le contenu ne correspond en rien à leur catalogue. Autre suggestion, consulter le site internet des éditeurs. On y trouve presque toujours la politique éditoriale et la façon de procéder pour la soumission des manuscrits.

Pour finir, je soulignerais qu’un refus ne veut pas nécessairement dire qu’un manuscrit est mauvais. Il arrive qu’un éditeur apprécie un texte mais que son catalogue soit déjà complet pour les trois prochaines années à venir, ou il se peut aussi qu’un roman ne corresponde pas à la vision éditoriale de la maison, mais que ce même texte fasse le bonheur d’un autre éditeur.