Lire ou ne pas lire. Telle est la question. Un roman ? Une nouvelle ? Quelle histoire sera votre prochaine aventure ? Suivez nos auteurs sur le chemin de l’imaginaire... Qui sont-ils ? Quels sont leurs environnements de travail ? Où puisent-ils leur inspiration ? Comment inventent-ils leurs personnages ? Poursuivez votre lecture...

mardi 4 décembre 2012

Rita Amabili - auteure



Votre site web: www.ritaamabili.com 

Vos éditeurs : Par ordre de leur entrée chronologique dans mon aventure littéraire :
L’Office de la famille de Montréal;
Les éditions de la Paix;
Les éditions Parenthèses;
Les éditions Guido Amabili (éditions que j’ai créées);
Hurtubise HMH;
Novalis;
Edarc Edizioni (à Florence en Italie)

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Où vos romans sont-ils vendus : Majoritairement, ils sont présentement vendus sur mon site. www.ritaamabili.com 

Qui êtes-vous, en quelques lignes ?

Voici ma courte biographie : Infirmière de formation, elle détient une maitrise en théologie. Dans la pratique de sa tâche elle demeure marquée par son expérience d’accompagnatrice de personnes en fin de vie. À cause de cela, son œuvre tourne autour des droits humains en littérature jeunesse; de l’immigration italienne en roman; de l’inclusion en théologie féministe. Elle a touché au théâtre, publié des livres de poésie, des romans historiques et des romans pour la jeunesse.  Elle a également collaboré avec plusieurs médias locaux, traitant de certains sujets délicats ayant trait aux valeurs et au sens de la vie.

D’où vous est venue l’envie d’écrire ?

J’avais une douzaine d’années et je voulais faire comme ma grande sœur de huit ans mon aînée!

Quel a été votre parcours ?

J’ai débuté très jeune en faisant de la poésie et en écrivant régulièrement un court résumé de mes journées. Je devais avoir environ 11-12 ans. J’ai ensuite écrit dans les journaux d’école et de CEGEP. Jeune adulte, je me suis mise au théâtre; mes pièces ont été jouées par des théâtres de villes.

En 1998, alors que mes enfants étaient petits, je leur ai écrit une histoire sur les problèmes des enfants du monde, qui a été publiée un an plus tard. Ensuite, j’ai écrit un second roman jeunesse et publié un livre de poésies.

Dans mes temps libres, j’ai débuté mes recherches sur l’immigration italienne au Canada. Il m’a fallu environ dix ans de travail avant de publier mon premier roman historique : Guido le roman d’un immigrant qui suivait de quelques mois la rédaction de la pièce de théâtre sur le même sujet.

Quels sont vos romans disponibles en librairies ?

Il arrive que Guido le roman d’un immigrant soit encore disponible sur Amazon ou Renaud Bray mais en général, les livres sont vite remplacés par les nouveautés….

Lesquels avez-vous préféré écrire et pourquoi ?

J’ai apprécié travailler dans chacune des histoires de mes créations. Alors que j’écrivais Voyage sur Angélica mon premier roman jeunesse, j’allais lire ma partie nouvellement écrite à mes enfants avant qu’ils ne s’endorment et j’attendais leurs remarques aussi impatiemment qu’eux anticipaient la suite de l’aventure.
La rédaction de mon premier roman historique a été une vraie joie puisque je m’apercevais pour la toute première fois de ma capacité à créer à partir de mes propres souvenirs, de certains témoignages, de l’histoire objective que je trouvais dans les livres, et de mes sentiments personnels sur ce sujet qui me tient toujours à cœur : l’immigration.

Avec Saffia femme de Smyrne, j’ai pu concrétiser un souhait qui me semble toujours aussi important : suivre le parcours des femmes dans une réalité où elles n’avaient jamais tenu une vraie place,  l’histoire chrétienne! Rechercher et faire ressortir une évidence aussi criante a été pour moi un pur délice! Me noyer volontairement sous des documents datant du début de notre ère et laisser mes personnages prendre vie dans des situations absolument plausibles, a été un choix de femme pour les femmes et les hommes de ma société. Il était très important pour moi de faire en sorte que les aventures que Saffia expérimentait soient vraisemblables en ce sens qu’une femme ayant véritablement vécu à cette époque, aurait pu les vivre.

J’ai aussi beaucoup apprécié la rédaction de mes deux dernières œuvres non encore publiées. La première, un roman pour adultes dont l’action se passe dans les environs où j’ai vécu mon enfance… La seconde, un roman pour les 9 ans et plus qui raconte la vie d’un groupe de jeunes à Gaza.

Où puisez-vous votre inspiration ?

Je puise mon inspiration dans ma passion! Je me suis toujours dit que j’écrivais pour ceux qui ne peuvent pas écrire. L’idée d’être une voix pour les femmes d’une certaine époque, pour les enfants vivant une situation d’injustice, pour les immigrants qui ne peuvent pas toujours se dire, est véritablement emballant à mon avis!



Je trouve également mon inspiration en racontant des histoires pour faire connaitre une réalité méconnue. Posséder une information et la faire passer dans une histoire, me parait relever un défi à chaque fois.

Ainsi, mes connaissances en théologie passent dans ma capacité de créer un récit et les lecteurs que le sujet intéresse, peuvent saisir les nuances que j’imagine et réfléchir ensuite si le cœur leur en dit. Sinon, ils lisent au premier niveau et ne saisissent que l’histoire du roman…

Décrivez-nous votre façon d’écrire, votre environnement de travail, votre horaire.

Lorsque je suis en rédaction, je m’installe dans mon bureau de la maison devant mon ordinateur et entourée des livres dont j’aurai besoin tout au long de mon récit. Je débute mes journées vers 9 heures du matin et les termine généralement vers 17 heures.

Quels auteurs vous ont le plus influencé ?

Au niveau poétique : Émile Nelligan.
En ce qui touche le roman : Gilbert Cesbron a été le premier à m’influencer. Ensuite, Umberto Ecco, Elsa Morante et mon amie Micheline Choquet.

Quels livres vous ont le plus marqué ?

Le livre qui m’a le plus marquée en est un en théologie : En mémoire d’elles d’Elisabeth Schüssler Fiorenza. Il est une reconstruction théologique féministe des origines chrétiennes et en ce sens, il est révolutionnaire puisqu’il invite les femmes et tous les êtres humains « mal reconnus » par l’histoire, à se remettre debout et à se savoir infiniment valable.

Avez-vous encore le temps de lire ?

Absolument!

Quel est le livre que vous lisez en ce moment ?

Le nouveau livre de poésies de Normand de Bellefeuille : Mon bruit!

Selon vous, que signifie « écriture poétique » dans un roman ?

Pour moi, l’écriture poétique dans un roman est le temps où l’auteur se permet une envolée de mots pour décrire un paysage, un sentiment ou toute autre chose, en consentant à arrêter le temps de l’histoire l’espace de quelques lignes, afin de simplement jouer avec les mots.

Auriez-vous envie de nous décrire votre première rencontre avec votre premier éditeur ?

Mon premier vrai éditeur a été Jean-Paul Tessier des Éditions de la Paix. Ce monsieur raffiné et affable a eu à mon égard un accueil et une écoute extraordinaires si bien que je ne me rappelle pas exactement de l’endroit où a eu lieu notre première rencontre mais bien plus de sa gentillesse et de son sourire.


Pour le plaisir...

Quels sont vos rituels d'écriture ?
Je ne sais pas si vraiment c’est un rituel mais il me plait de travailler au milieu des photos des gens que j’aime. Dans mon bureau, il y a de nombreux cadres des personnes qui me sont chères.

Qu’est-ce qui vous distrait le plus lorsque vous écrivez ?
Lorsque je suis en panne et que le syndrome de la page blanche me menace sérieusement, je cuisine! Tandis que mon esprit s’occupe à ne pas oublier la cuillère de sel ou la tasse de farine, il se détend au niveau littéraire et me permet de faire le vide. Quand je retourne à mon ordinateur, je me sens reposée.

Avez-vous un projet de roman en cours ?
Pas encore clairement!

Qui sont vos premiers lecteurs avant publication ?
Mon mari et ma fille sont les deux premiers lecteurs de mes manuscrits. Ensuite mon amie auteure Micheline Choquet.

Une citation qui vous a marquée ?
Avant donc que d'écrire, apprenez à penser
Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,
Et les mots pour le dire arrivent aisément.
Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,
Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage,
Polissez-le sans cesse, et le repolissez,
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.

De L'Art poétique, Nicolas Boileau (1674)
Extraits de Chant I.

Avez-vous reçu des remarques surprenantes de la part de lecteurs ?
Ce que je trouve de plus surprenant est la capacité de certains lecteurs à rendre vivants mes personnages et à me dire qu’ils accompagnent leurs pensées.

Quel serait votre mot d’encouragement pour un nouvel auteur ?
Lorsque vous avez eu la certitude d’avoir le talent d’écrire, c’est-à-dire que lorsque des lecteurs objectifs vous ont dit que vos textes valent la peine, travaillez! Ne vous laissez pas influencer par les difficultés, les prévisions moroses sur le sort des auteurs ou autres choses du genre. Ne vous laissez pas dire qu’écrire n’est pas un travail noble mais seulement une activité sans avenir, ne vous laissez pas amenuiser et allez droit votre chemin en cherchant toujours à vous améliorer. Entêtez-vous!