Lire ou ne pas lire. Telle est la question. Un roman ? Une nouvelle ? Quelle histoire sera votre prochaine aventure ? Suivez nos auteurs sur le chemin de l’imaginaire... Qui sont-ils ? Quels sont leurs environnements de travail ? Où puisent-ils leur inspiration ? Comment inventent-ils leurs personnages ? Poursuivez votre lecture...

lundi 21 janvier 2013

Valérie Larouche - auteure


Votre site web : www.valerielarouche.com
Vos éditeurs : Les Éditions Porte-Bonheur (www.porte-bonheur.ca)
Compte Facebook : www.facebook.com/nelliedebastonfor
Twitter : Je m’en sers trop peu pour que ce soit d’un quelconque intérêt… Je préfère Facebook.

Où vos livres sont-ils vendus ?
Dans la plupart des librairies du Québec et autres magasins avec une section littérature (jusque chez Jean Coutu !). Il est également possible de les trouver en ligne sur tous les sites qui tiennent en général des titres québécois (Rue des libraires, Archambault.ca, Amazon.ca, etc.). Dernièrement, je les ai même découverts en vente en format numérique sur les sites de Chapters/Indigo (Canada), la FNAC (France) et même chez Barnes&Noble (É.-U.) ! Vous pouvez également les commander directement sur le site de mon éditeur bien sûr !

Qui êtes-vous, en quelques lignes ?
Mon nom est Valérie Larouche et je suis auteure. Je viens de franchir le cap de la trentaine, je n’ai pas d’enfants, mais un conjoint, un chat et trois romans à mon actif. Née à Montréal, j’ai grandi à Lachenaie (maintenant Terrebonne, je crois) et ne suis revenue vivre dans ma ville natale qu’à l’âge de 18 ans. J’ai fait mes études en cinéma et littérature et j’ai surtout tenu des petits boulots alimentaires (caissière, cuisinière, serveuse, libraire, etc.) puisque ma carrière première reste l’écriture.

D’où vous est venue l’envie d’écrire ?
Quand j’avais 12 ans, mon grand-père paternel a succombé au cancer. C’était ma première rencontre avec la mort. Je ne m’exprime pas très bien en paroles, surtout ce que je ressens. Je suis du genre à souffrir en silence. Après cette épreuve, toutefois, j’ai très vite ressenti le besoin d’extérioriser ce que je ressentais et l’écriture est venue à mon secours; j’ai écrit plusieurs poèmes. À partir de là, il n’y avait qu’un pas à faire pour que je me mette à écrire de petites nouvelles, puis, des romans !



Quel a été votre parcours ?
Plutôt linéaire, je dirais. Sortie du secondaire en 1999, j’ai pris une année sabbatique pour me permettre de travailler et d’amasser la somme nécessaire à mes études collégiales. De 2000 à 2003, j’ai étudié en cinéma et littérature au Collège Marie-Victorin (en temps normal, ce programme ne prend que deux ans, mais je n’étais pas très assidue et j’ai coulé plusieurs cours… J’écrivais des histoires pendant que mes profs donnaient leur matière… Honte à moi !) Après cela est venue la période de questionnements : que vais-je faire de ma vie ? Où vont mes études ? etc. J’ai fini par prendre quelques petits boulots qui m’ont permis d’écrire on the side. Quelques-unes de mes nouvelles ont trouvé preneur dans le fanzine français Outremonde (www.outremonde.fr) et dans le fanzine littéraire québécois Brins d’Éternité (www.revue-brinsdeternite.com). Nellie, elle, est née alors que je travaillais comme responsable d’un resto rapide (j’allais à l’arrière du resto écrire des petits bouts de texte et des notes entre deux hamburgers), mais l’écriture réelle de Nellie a pris forme alors que j’étais libraire jeunesse au Renaud-Bray sur la Plaza St-Hubert à Montréal. Le premier tome a été achevé en 2010 et envoyé à différentes maisons d’éditions pour enfin voir poindre un « oui » à l’horizon à la fin de 2011. Un thé et un café plus tard, Nellie avait une « maison » et j’avais une commande pour les tomes deux et trois !

Quels sont vos romans disponibles et librairies ?
Les trois premiers tomes de la série Nellie, publiés chez Porte-Bonheur.

  • Tome I : Les échos du passé, 
  • Tome II : Les épreuves du présent 
  • Tome III : Les promesses du futur.


Lesquels avez-vous préféré écrire et pourquoi ?
Hmm, c’est une excellente question… Le premier tome d’une série est toujours spécial car il nous permet de « rencontrer » nos personnages et de « voir » les décors pour la première fois. Il y a toujours une sorte de fébrilité mêlée d’excitation mêlée d’angoisse à la rédaction d’un premier tome d’une série. On se demande si les gens aimeront au point d’adopter le récit et ceux qui y évoluent ou si, au contraire, la rédaction des tomes suivants sera une perte de temps totale. Cependant, quand l’éditeur accueille aussi bien le premier tome que le mien l’a fait, écrire les tomes suivants est alors très plaisant. Dans mon cas, Nellie était bien campée et je n’avais qu’à la laisser aller et à la suivre pour voir l’histoire se dérouler sous mes yeux ! C’est donc devenu un voyage plus appréciable et moins angoissant puisqu’il s’agissait d’une destination que je connaissais déjà ! Pour répondre à ta question, je dirais tous mes romans.

Où puisez-vous votre inspiration ?
Partout ! Même quand j’essaie de faire une pause et de me reposer la tête, y’a rien à faire ! Si j’aperçois le moindrement un truc qui m’inspire, mon esprit s’emballe et je ne peux rien y faire sinon voir où ça me mène. Je crois que tous les auteurs ont le même « syndrome » : celui de l’observateur. Absolument tout est source d’inspiration : les décors, les mots, les émotions, les gens qui nous côtoient. Sachez donc que si vous côtoyez un auteur, il y a de bonnes chances pour que vous deveniez un personnage un jour !

Décrivez-nous votre façon d’écrire, votre environnement de travail, votre horaire.
Je suis malheureusement incapable de tenir un horaire. La routine tue mon imagination et ce que je me trouve à écrire alors me semble d’une insipidité sans fond ! Je varie donc mes moments d’écriture au rythme de mes envies (et je dois m’assurer que tout est fait à la maison car s’il y a de la vaisselle sale dans l’évier, je ne peux me concentrer sur autre chose…) Quant à mon environnement d’écriture, c’est évidemment à mon bureau d’ordinateur, dos à la fenêtre pour minimiser les distractions, avec une panoplie de dictionnaires, carnets de notes, livres de références et autres. En temps normal, ce coin est très bien rangé. Mais n’importe qui peut savoir quand je viens de commencer un nouveau projet d’écriture : ce coin devient un véritable fouillis ! Y’a des notes, des livres ouverts, des crayons, des feuilles vierges partout ! Et une balle anti-stress ! *rires*

Quels auteurs vous ont le plus influencé ?
Wow… Euh, je ne sais pas… Je relis régulièrement les nouvelles et poèmes d’Edgar Allan Poe, cela pourrait expliquer les aspects sombres de mes textes. J’ai aussi une amie écrivaine, Nathalie Dau, que j’admire énormément pour la beauté de ses textes donc je dirais qu’elle m’a influencée à ne pas juste écrire des mots, mais à mettre de la musique aussi dans mes livres. John Ronald Reuel Tolkien, quant à lui, est celui qui m’a fait comprendre qu’écrire des livres issus des genres de l’imaginaire pouvait être une carrière !

Quels livres vous ont le plus marqués ?
Quand j’étais plus jeune, je dévorais tout ce qui me tombait sous la main, mais je ne me souviens que de deux romans issus de cette époque : La piscine de T. S. Rue dans la série L’auberge de l’horreur et L’assassin habite au 21 de S. A. Steeman. Le deuxième m’avait tellement surprise par son dénouement, moi, la « livrovore » qui devinait toujours la fin des suspenses et l’identité du meurtrier... Le premier, lui, je ne saurais expliquer en quoi il m’a marquée si ce n’est un drôle de sentiment d’appartenance en le lisant…

En vieillissant, mes lectures ont changé, mais j’avoue que j’ai un faible pour les romans jeunesses où la magie reste magique et n’a pas besoin d’être expliquée ni politisée. Ainsi, The Graveyard Book ou Coraline de Neil Gaiman m’ont charmée par leurs univers à la fois purs, innocents et sombres. La série de Joseph Delaney, The Last Apprentice m’a, quant à elle, beaucoup impressionnée par son background recherché et le réalisme avec lequel l’auteur traite de sujet comme les gobelins et les sorcières ! Le premier tome de Last Survivors Trilogy intitulé Life as we knew it m’a, quant à lui, passablement submergée. J’étais étonnée, à chaque fois que je refermais le livre, de constater que les évènements qu’il relatait ne s’étaient pas produits pour vrai ! Mis à part les romans jeunesses, il y a des livres qui m’ont marquée et qui se passent d’explications tels que The Lord of the Rings de J.R.R. Tolkien, Dracula de Bram Stoker, Frankenstein de Mary Shelley, etc. Au collège, j’ai bien aimé découvrir Le malade imaginaire de Molière et Huis clos de Jean-Paul Sartre. Enfin, LE livre dans ma bibliothèque que j’ouvre et parcoure au moins une fois par mois est mon édition Barnes & Nobles à couverture noire, aux engravures rouge sang et aux pages à bord argenté de The Complete Tales and Poems of Edgar Allan Poe.

Avez-vous encore le temps de lire ?
Oh oui ! Et il le faut ! La lecture est l’outil numéro deux d’un auteur (l’outil numéro un étant, bien sûr, la pratique d’écriture !) J’adore tremper dans un bain chaud et moussant avec un bon livre jusqu’à ce que l’eau refroidie me fasse comprendre qu’il est temps pour moi de faire autre chose ! Si je ne suis pas dans mon bain mais sur mon divan avec une couverture et un oreiller, je peux facilement lire sept ou huit heures d’affilée jusqu’à ce que le jour se sauve et que soudainement, je me demande pourquoi il fait si sombre…

Quel est le livre que vous lisez en ce moment ?
J’aime bien jongler plusieurs livres avec des atmosphères différentes. En ce moment, je lis Plain Kate d’Erin Bow dont l’écriture poétique m’a complètement charmée ! J’ai également commencé The Night Circus d’Erin Morgenstern et pour rire un peu, j’ai recommencé la série complète des bandes dessinées du Donjon de Naheulbeuk. J’ai aussi toujours un Astérix ou un Tintin en cours de lecture pour relaxer avant d’aller au lit.

Selon vous, que signifie « écriture poétique » dans un roman ?
Je crois que c’est une écriture qui va au-delà des mots, qui leur ajoute une musique et des couleurs. Encore une fois, j’aimerais revenir à mon amie Nathalie Dau qui, je crois, maîtrise totalement l’écriture poétique. Et j’aime à penser que je fais également mes premiers pas dans cette voie. Peut-être un jour aurai-je autant de talent en écriture poétique qu’elle ! 

Auriez-vous envie de nous décrire votre première rencontre avec votre premier éditeur ?
C’est plutôt normal, la rencontre avec un éditeur. On s’assoit dans un café et on discute du projet concerné. Il y a évidemment le stress avant la rencontre et l’exaltation après, un peu comme une entrevue pour un emploi de rêve qui se serait vraiment bien déroulée et au bout de laquelle on vous annonce que vous avez le poste. Dans mon cas, je préfèrerais vous raconter mon premier contact avec l’éditeur de Nellie. Le premier volume de la série était parti de gauche et de droite dans une vingtaine de maisons d’édition et les refus me parvenaient l’un après l’autre. Après un certain temps, on s’habitue aux « non » de l’industrie. Mais quand finalement j’ai reçu un « oui », j’ai figé. L’instant de panique face à l’inconnu passé, j’ai lu le courriel de mon éditeur – très flatteur et sympathique, d’ailleurs – à mon conjoint et je l’ai regardé avec de grands yeux. Il m’a dévisagé et m’a dit : « Où est le problème ? » et moi de lui demander, dépourvue : « Qu’est-ce que je fais ?! ». Et lui de me dire, comme si c’était la chose la plus normale du monde : « Beh tu lui réponds ! ». Ce que j’ai fait ! Et une semaine plus tard, je rencontrais mon premier éditeur.

 Pour le plaisir…

Quels sont vos rituels d’écriture ?
Je dois écrire quand tout est calme dans la maison. Très souvent, j’attends que le chat s’endorme et que le conjoint soit au travail. Un peu de musique m’aide aussi parfois (celtique, ambiance ou métal symphonique selon le texte). Je n’ai pas vraiment de rituel en tant que tel sinon saisir chaque opportunité quand l’envie d’écrire frappe.

Qu’est-ce qui vous distrait le plus lorsque vous écrivez ?
Le chat. *rires* Que le téléphone sonne, je laisse sonner quand je suis in the zone. Si mon conjoint me parle, je réponds : « Hmm-hmm… Hmm-hmm… » jusqu’à ce qu’il se rende compte que je n’écoute pas du tout. Je suis capable de faire abstraction de tout, sauf si le chat vient se planter derrière ma chaise et me miaule après. Je n’arrive jamais à l’ignorer. Je me dis qu’il a besoin d’attention, qu’il s’ennuie, qu’il veut sa maman, pauvre « petite » bête… L’instinct maternel, est-ce que ça ressemble à ça ?

Avez-vous un projet de roman en cours ?
Toujours. Je n’ai souvent même pas le temps de terminer un roman qu’un autre est déjà entamé dans mon esprit… Vous pouvez obtenir un avant-goût de ce qui traîne dans mon esprit d’auteur sur mon site web, dans la section Autres, puis Sur ma table de travail.

Qui sont vos premiers lecteurs avant publication ?
J’essaie de demander à des gens de mon entourage que je sais être mon public cible. Par exemple, pour Nellie, ma cousine adolescente ainsi qu’une amie dans la quarantaine qui adorent ce genre de livre ont été mes bêta-lectrices. J’aime avoir les opinions de gens totalement différents. Et puis, il y a évidemment toujours ma mère qui elle, lit tous mes textes alors qu’ils sont en cours de rédaction. Ce n’est pas vraiment pour avoir son avis (que je sais biaisé puisqu’après tout, je suis sa fille !), mais pour les encouragements à continuer. Je n’ai pas énormément confiance en moi et je doute souvent de mes écrits. Sans elle, j’aurais sans doute abandonné mes manuscrits depuis longtemps.

Une citation qui vous a marquée ?
Je ne sais pas si ça compte comme une citation, mais dans son show Tout est relatif, Laurent Paquin disait (ou c’était écrit sur son tableau, je ne sais plus…) : « Le temps, c’est comme du papier de toilette; quand tu te rends compte que t’en n’as plus, généralement il est trop tard… ». Ça m’a vraiment marquée et j’ai réalisé que la vie, ça passe tellement plus vite qu’on ne le croit, qu’on n’a qu’une seule vie à vivre et qu’il faut en profiter pour réaliser ses rêves. Sinon, on est morts avant de mourir !

Avez-vous reçu des remarques surprenantes de la part de lecteurs ?
Qu’ils avaient lu mon livre ! *rires* Sérieusement, ça surprend toujours quand quelqu’un que tu ne connais pas vient te voir et t’avoue qu’il a dépensé quelques heures de sa vie à lire ce que tu avais écrit. Ça donne toujours un coup. Moi, ça me gêne et ça me flatte en même temps ! Et dernièrement, la palme de la meilleure remarque qu’on m’ait faite est revenue à une lectrice qui me pressait à écrire le quatrième tome de Nellie car elle avait trop hâte de le lire ! Ça, ça fait toujours plaisir !

Quel serait votre mot d’encouragement pour un nouvel auteur ?
Un mot ? J’en ai trois, les trois P de l’auteur : pratique, patience et persévérance. Apprendre à écrire se fait sur plusieurs années. Écrire un livre peut être vraiment long. Lire un livre demande plusieurs heures aussi. Obtenir un refus ou une acceptation prend plusieurs mois. Bref, le monde du livre est lent. Entre la signature d’un contrat et la publication de son roman, il peut se passer plusieurs mois. Entre l’écriture d’un livre et son acceptation par un éditeur, il peut se passer plusieurs années. Et parfois (pour ne pas dire souvent), le « oui » ne vient jamais… Dans mon cas, il a fallu une cinquantaine de nouvelles, trois romans, douze années et une soixantaine de refus avant d’obtenir un « oui » de la part d’un éditeur. Pratique, patience et persévérance font toute la différence ! Et un brin de bonne chance ! ;)