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mercredi 17 avril 2013

Chantale Côté - Auteure




Je n'ai pas de site web.
Mon éditeur est "Les éditions JCL" de Chicoutimi.
Je n'ai pas de compte facebook, mais j'ai l'intention d'en avoir un.
Je ne suis pas sur Twitter non plus.

Mes romans sont vendus au Québec et en France (France Loisirs).

Voici une brève biographie.  Je suis née en 1959 dans la municipalité d’Hébertville, au Lac-Saint-Jean, si vous savez compter, vous avez compris que j’ai 54 ans, mais je réside à Chicoutimi depuis plus de 30 ans.  Je suis l’avant-dernière d’une famille de neuf enfants.  Je suis à l’emploi à l’Université du Québec à Chicoutimi depuis 1976, où j’ai occupé divers postes de secrétariat, et depuis 10 ans, je suis agente de gestion des dossiers étudiants au module des Sciences de l’administration.  Ça fait 33 ans que je vis avec le même conjoint et nous avons deux filles de 24 et 26 ans.

L’écriture, c’était un rêve.  On rêve qu’on a des ailes pour pouvoir voler, on rêve qu’on fait le tour du monde, on rêve qu’on gagne à la loto, même si on n'achète pas de billet.  Un rêve, c’est irréel, c’est du fantastique, ça met de la couleur dans nos vies quand la grisaille du quotidien nous rattrape.  Rêver, c’est à la portée de tout le monde, ça ne coûte absolument rien.   Mais jamais, au grand jamais, j’ai pensé que ça pouvait être autre chose qu’un rêve pour moi.

À l’adolescence, j’écrivais des petits poèmes, des petites histoires.  La seule qui les lisait, c’était ma petite sœur Catherine, qui avait 5 ans de moins que moi.  D’ailleurs, quand j’ai su que mon premier roman serait publié et que je lui ai annoncé que je réalisais le rêve de ma vie, elle a tout de suite deviné de quoi il s’agissait.  Je lui ai demandé comment elle avait deviné et c’est elle qui m’a rappelé qu’elle était ma seule lectrice dans notre jeunesse.

Quand j’ai commencé à travailler à l’Université à 17 ans, j’ai un peu oublié ce rêve.  Je l’ai mis de côté, plutôt.  Un nouveau travail, une nouvelle ville, l’autonomie sous toutes ses formes, les responsabilités, il y avait beaucoup de choses à apprivoiser.  À 18 ans, j’ai connu l’homme de ma vie, à dix-neuf ans, nous nous installions ensemble, après il y a eu les enfants à 2 ans d’intervalle…  Le temps manquait.   Mon premier roman a été publié alors que j’avais 47 ans.  Il s’est donc écoulé encore plusieurs années avant que je sois prête à me lancer.  On peut donc dire que j’ai muri mon rêve pendant presque 40 ans.

C’est en 2004 que j’ai enfin osé.  J'ai donc soumis mon texte simultanément aux Éditions JCL et au Prix de la Plume saguenéenne, où j'ai décroché les honneurs pour l'an 2006. Quand le bonheur s'en mêle est paru en janvier 2007.


Ce roman-là, Quand le bonheur s’en mêle, c’est un conte de fées.  Mais c’est quoi un conte de fées si c’est pas un rêve réalisé?  C’est pas pour rien que ça a été le premier que j’ai écrit, c’est mon rêve de petite fille qui m’avait suivi depuis mon enfance.  Cette histoire de « Cendrillon » tourne entièrement autour des rêves :  ceux qu’on n’a pas eu, ceux qu’on a voulu, ceux qu’on a tué, ceux qui nous ont étouffé.  On peut le lire en ne voyant que le côté « féerique » de l’histoire avec ses invraisemblances et ses facilités, mais on peut aussi voir plus loin.  Myrianne a toujours cru que son malheur était dû à sa mutité, tandis que Don croyait trouver son bonheur dans la célébrité et la richesse, ce qui était faux dans les deux cas.  Mon but était d’amener les lecteurs à se pencher, ne serait-ce qu’un peu, sur les raisons de leur mal-être, de les amener à considérer plus qu’un aspect de leur mal de vivre, pour peut-être retrouver l’espoir.  Les peurs, les interrogations, les déchirements, les doutes, autant de Myrianne que de Don, je les ai vécus et je les ai vaincus aussi.  Le conte de fées de Myrianne a été de trouver son prince charmant, à l’instar de Cendrillon, mais aussi de découvrir en elle des forces insoupçonnées;  celui de Don a été de retrouver en lui la simplicité du bonheur et de l’amour partagé;  le mien a été de conserver ce que j’avais déjà et d’apprendre à en être heureuse.  Chaque personne peut avoir son propre conte de fées, j’en suis persuadée.

Mon deuxième roman, Doublement infidèle, a, quant à lui, été vendu à France Loisirs à près de 25,000 copies.   C’est un roman à trois voix :  Sandrine, Denis, Gabriel.  Sandrine est une jeune femme naïve, élevée dans un cocon familial sécurisant, qui n’a jamais été confrontée au mal.  Convaincue d’avoir trouvé l’homme de ses rêves, Denis, elle l’épouse rapidement, mais son bonheur est de courte durée.  Le cauchemar est d’autant plus terrible qu’elle doit, à la fois, faire face à la pire des infamies, et revoir ses propres valeurs d’honnêteté, de fidélité et de droiture.  Ce livre parle du bien et du mal.  Est-ce que le bien n’engendre que du bien?  Est-ce que le mal peut surgir n’importe où, dans n’importe quel contexte?  Est-ce que trop d’amour peut mener à la haine?  Je crois que beaucoup de gens peuvent trouver un écho dans l’histoire de Sandrine, qui ignorait le mal, de Denis, qui n’avait rien de bien, et de Gabriel, le père qui avait trop ou pas assez aimé.  Mon roman parle aussi des valeurs, de leur importance, de ce que l’on est prêt à sacrifier pour les garder, des doutes qu’elles peuvent parfois engendrer.  J’ai toujours eu la conviction que tout n’est pas blanc ou noir et que la distinction entre le bien et le mal n’est pas tranchée.  C’est ce que j’ai voulu mettre en lumière avec ce roman.

Mon troisième roman s’intitule Hier et aujourd’hui.  Depuis le 1er mars, il est également en vente chez France Loisirs avec "Quand le bonheur s’en mêle", dans un même volume.   Gilles et Laurianne vivent ensemble depuis trente ans et c’est la rupture.  Laurianne a cinquante ans, elle doit se refaire une nouvelle vie.  Ce n’est pas son choix, Gilles l’a laissée pour une autre femme.  Commence alors, pour Laurianne, une remise en question totale, pas seulement d’elle-même, en tant que femme, mère et épouse, mais de sa vie de couple toute entière.  Le sujet de ce roman n’est pas nouveau, mais si aujourd’hui, le divorce ou la séparation est répandu, c’est beaucoup moins fréquent pour les couples de trente ans et plus.  C’est pourquoi j’ai choisi ce créneau.  Une femme de cet âge, avec trente ans de mariage et l’éducation qu’elle a reçue, s’est souvent oubliée pour les siens et elle ne se connaît plus, elle ne sait plus se faire plaisir.  Je n’ai jamais vécu de séparation, mais j’ai l’âge de Laurianne, j’ai deux enfants adultes et mon couple dure depuis plus de trente ans, je pouvais donc sans difficulté imaginer ce que ce serait de me retrouver seule.  Cependant, après avoir terminé l’écriture de cette histoire, qui est avant tout celle de Laurianne, j’ai voulu ajouter la version de Gilles.  Après tout, dans n’importe quel différend, les torts se partagent et comme tout est une question de perception, il m’apparaissait essentiel d’apporter celle du mari.  Le but n’était pas de le rendre plus sympathique ou de l’excuser, mais tout simplement de lui donner le droit de s’exprimer.

 Mon quatrième roman paraîtra à la fin du mois d’avril et il s’intitulera Billie.  Billie est une femme très indépendante et anticonformiste, qui refuse d’être confinée à son seul rôle de femme.  Le mariage, les enfants, les horaires, les limites, très peu pour elle.  Elle veut vivre libre.  Mais Maud, une adolescente de douze ans, s’impose dans sa vie malgré elle.  Les deux sujets principaux de ce roman, à part l’amour, toujours l’amour, évidemment, sont l’intimidation et le deuil sous tous ses aspects.  Le besoin presque maladif de liberté de Billie découle de cet amour qu’elle se refusait de donner depuis le suicide de sa sœur Mérédith, qu’elle adorait.  Pour Maud, le départ de sa mère pour la France n’est que la suite logique du rejet qu’elle subit à l’école.  Lorsqu’elle fait la connaissance de Billie, elle s’accroche à elle désespérément, tellement elle a besoin d’un modèle pour lui redonner confiance en elle.  Sans le savoir, sans le vouloir, ces deux-là s’apporteront mutuellement la guérison de leurs blessures d’enfance.  Et, inévitablement, il y a Jérémy, le séduisant père de Maud…



Comme vous le constatez, ce sont tous des sujets différents, mais des sujets d’actualité.  Les rêves, réalisés ou non, font partie intégrante de nos vies;  à mon avis, ils sont essentiels à notre équilibre.  Le bien et le mal…  Est-ce qu’une bonne éducation est une garantie de bonheur?  Est-ce qu’une éducation déficiente mène toujours au malheur?  Même les psys n’ont pas de réponse tranchée à nous fournir.  La séparation, le divorce… Aujourd’hui, ce sont ceux qui durent qui sortent de la norme.  On annonce plus souvent de divorces que de mariages.  L’intimidation, on en parle beaucoup, mais on n’en parlera jamais assez.  Ma fille cadette a vécu beaucoup de rejet, je suis bien placée pour savoir que c’est un fléau.  Et que dire du deuil?  Qu’il est partout, qu’on ne peut pas y échapper, que c’est un passage obligé.  Finalement, qu’il faut le vivre pour être heureux.

Je n'ai pas d'horaire fixe pour écrire, étant donné que je travaille à temps complet.  Je prends ça comme ça vient.  J'ai un solarium chez moi et je m'installe souvent là pour écrire, mais je peux le faire ailleurs aussi, sans problème.  Je n'ai pas d'auteurs particuliers qui m'ont influencée, mais j'avoue avoir adoré lire Daniel Pennac dans la saga Malaussène.  Marie Laberge également est un de mes auteurs préférés.  Je lis encore beaucoup, même si j'écris.  C'est un besoin essentiel pour moi, autant que l'écriture.  Je viens de terminer la série "Cinquante nuances de Grey", comme tout le monde ces temps derniers.  C'est intéressant si on ne s'arrête pas seulement aux scènes sexuelles, qui sont tellement nombreuses qu'on s'en lasse un peu.


Je n'ai pas de conseil à donner aux futurs auteurs, sauf peut-être, de persévérer et d'y croire.  C'est ce que j'ai fait.


Chantale Côté