Lire ou ne pas lire. Telle est la question. Un roman ? Une nouvelle ? Quelle histoire sera votre prochaine aventure ? Suivez nos auteurs sur le chemin de l’imaginaire... Qui sont-ils ? Quels sont leurs environnements de travail ? Où puisent-ils leur inspiration ? Comment inventent-ils leurs personnages ? Poursuivez votre lecture...

mercredi 24 avril 2013

Claude Jutras - Auteure


Votre site web : lavengeancedestenebryss.com
Votre éditeur : ADA
Compte facebook : la vengeance des ténébryss
Où vos romans sont-ils vendus? : dans la plupart des librairies celles tangibles et celles virtuelles


Qui êtes-vous, en quelques lignes?
En premier lieu, une mère de deux belles petites filles, ensuite, une policière depuis 13 ans, puis une grande rêveuse à l’imaginaire sans bornes.

D’où vous est venue l’envie d’écrire?
J’aime lire depuis mes plus jeunes années d’école. Je passais des heures à la bibliothèque à chercher le livre pour finalement en choisir un, le terminer en quelques jours et y retourner. Mais il y a un moment où lire n’est plus suffisant, il faut plus et là naît le besoin d’écrire. Car, pour moi, c’est plus un besoin qu’une envie. Les histoires doivent sortir afin de vivre, pas seulement dans mon imaginaire, mais dans celui des autres.

Quel a été votre parcours?
J’ai commencé à écrire de petites histoires à 12 ans. Parmi elles, une s’est démarquée pour devenir un livre que j’ai terminé à 18 ans. J’écrivais pour le plaisir et ne le faisais lire qu’à mes proches. Ce projet conclu, je me suis aussitôt lancée dans une autre histoire. Tout cela bien sûr sans arrêter de lire. Cette fois, l’histoire était plus étoffée et, rendue au deuxième tome, je l’ai envoyée à quelques éditeurs. Elle a été refusée, mais certains commentaires m’ont beaucoup aidée. J’ai retravaillé mes premiers tomes tout en continuant à écrire (le besoin, le besoin). Entre-temps, j’avais terminé mes études et étais entrée sur le marché du travail dans un domaine qui n’est pas du tout relié à l’écriture. Rendue au cinquième tome de la même histoire, je me suis réessayée avec l’édition pour être de nouveau refusée, sans qu’aucune maison me dise pourquoi. J’étais très déçue et même découragée, mais pas au point de renoncer. J’avais un bon cercle de lecteurs qui m’encourageait et, surtout, voulait la suite. J’ai donc décidé d’y aller par mes propres moyens. Je me suis trouvé ma propre réviseure, et, avec une amie, j’ai dessiné la couverture du tome 1 et produit mon livre. Un vrai livre que j’ai vendu à mes connaissances, à leurs connaissances et même en librairie. Toutefois, je n’avais pas mis un trait sur les maisons d’édition et dès que j’en trouvais une nouvelle, je m’essayais. Au lieu du manuscrit « Word » imprimé, je leur envoyais le tome 1 publié par moi-même. Puis, à peine quelques mois après sa création, ADA m’a répondu par l’affirmative. Je ne peux décrire ma joie, même si j’ai dû rapatrier mes livres que je ne peux plus vendre.

Quels sont vos romans disponibles en librairies?
La vengeance des ténébryss   tome 1 : la descendante et tome 2 : les marais

Où puisez-vous votre imagination?
C’est la question à laquelle j’ai toujours beaucoup de difficulté à répondre. Je dirais qu’avant même d’écrire, je m’inventais d’innombrables histoires. D’où venaient-elles? Difficile à dire, elles étaient tout simplement là et voulaient que je les conte. Depuis, mon imaginaire s’est nourri au fil des années de tous les livres que j’ai lus et il est maintenant une immense banque de données. À ça s’ajoute l’interaction des gens autour de moi, que ce soit quelques secondes dans un endroit public ou des proches qu’on côtoie régulièrement. Des paysages vus en voyage… Enfin, tout ce qui nous entoure et que notre cerveau enregistre. À partir de là, je m’assis, regarde nulle part et mes personnages bougent, parlent… Ensuite, je reviens à mon clavier pour écrire tout cela. Parfois, les dialogues ou les actions changent et mes personnages ne font pas du tout ce que je venais juste d’imaginer. À croire que l’imagination a sa propre vie et qu’on croit seulement avoir une influence sur elle.



Décrivez-nous votre façon d’écrire, votre environnement de travail, votre horaire.
N’importe où et n’importe quand résume bien le tout. J’ai des cahiers, des feuilles et des crayons un peu partout, dans ma sacoche, dans mon sac, dans mes poches de pantalons ou de manteau… Depuis mes jeunes années, je suis juste incapable de ne rien faire. Alors dès que j’ai un moment d’inaction où je dois attendre, j’écris ou je lis. Mon livre avance donc constamment. Ensuite, quand j’ai un moment plus long, qui peut être n’importe quand, je m’installe devant mon ordinateur, n’importe où dans la maison, et je rassemble mes écrits épars afin de les réunir en un chapitre. Si j’ai le temps de lire et corriger sur mon ordinateur, je le fais, sinon j’imprime le tout et l’on revient au départ, c'est-à-dire, des feuilles qui me suivent partout et que je lis et corrige à chaque temps mort. Pour revenir devant mon ordi et taper les modifications et ainsi de suite jusqu’au sixième tome sur lequel je travaille en ce moment.

Quels auteurs vous ont le plus influencé?
David Eddings, j’ai tous ses livres, Margaret Weis et Tracy Hickman, même chose. L. Ron Hubbard pour la science-fiction. Bien sûr, Tolkien. Dans mes années d’adolescentes rebelles où le macabre prédominait, Stephen King et Dean Koontz. Plus jeune encore, Robert Louis Stevenson et Jules Verne.

Quels livres vous ont le plus marqué?
L’île au trésor de Robert Louis Stevenson, le tout premier livre que j’ai reçu. Le talisman et les trois premiers tomes de la série La tour sombre de Stephen King, Terre champ de bataille et Final Blackout de L.Ron Hubbard et La trilogie des joyaux de David Eddings.

Avez-vous encore le temps de lire?
Pas assez. Mais il faut le trouver.

Quel est le livre que vous lisez en ce moment?
J’en ai quelques-uns. Mes proches et moi avons une pratique particulière, nous lisons ensemble. Donc, avec mon copain, je lis La troisième humanité de Bernard Werber, avec mon amie Rosalie, je lis Avéria de Patrice Cazeault, pour mes filles, je lis Les 5 derniers dragons de Danielle Dumais et, moi, je lis Polux d’Aude Vidal-Lessard. Les livres d’ADA d’auteurs québécois font beaucoup partie de mes lectures dernièrement, car j’aime mettre l’histoire derrière le visage de mes confrères et consoeurs. Eux terminés, je vais m’étendre aux écrivains des autres maisons d’édition. J’ai tellement lu de livres d’auteurs étrangers, maintenant place à ceux d’ici. J’ai d’ailleurs commencé une collection de livres autographiés. Hihi

Auriez-vous envie de nous décrire votre première rencontre avec votre premier éditeur?
Il m’avait envoyé le contrat par internet que j’ai fait vérifier par un avocat, juste pour être certaine… Nous avons révisé le tout ensemble, parlé de la couverture, ce qui était très important pour moi, pour ensuite le signer. Une chance que mon copain était avec moi. J’étais tellement nerveuse que l’entretien s’est passé comme dans un rêve où lorsqu’on se réveille, tout est un peu flou. Il faut dire que j’étais certaine que c’était une erreur et, même après avoir signé le contrat, je n’y croyais toujours pas. Je prenais peut-être ça un peu trop à cœur, mais, pour moi, j’ai mis tant de temps et d’efforts sur mon livre, que c’est comme mon bébé.

Quels sont vos rituels d’écriture?
Lorsque je m’installe devant mon ordinateur, j’ai besoin d’un grand verre d’eau que je remplirai à maintes reprises et d’une paille en plastique à mâchouiller pour les moments où je regarde nulle part en réfléchissant.

Qu’est-ce qui vous distrait le plus lorsque vous écrivez?
Quand je suis portée par l’inspiration, rien. Sinon, les tâches ménagères que je mets de côté afin d’écrire et que je vois dès que je me lève de ma chaise.

Avez-vous un projet de roman en cours?
En ce moment, j’écris le tome 6 de ma série.

Qui sont vos premiers lecteurs avant publication?
Ma mère, mon copain, mes amis Rosalie et Simon sont ceux avec qui je discute du déroulement de l’histoire. Mais j’ai plusieurs autres lecteurs, amis et collègues de travail, qui ont accès aux tomes 3-4 et 5 seulement parce qu’ils veulent connaître la suite.

Quel serait votre mot d’encouragement pour un nouvel auteur?
Persévérance!! Continuer à lire et continuer à écrire, peu importe les obstacles.