Lire ou ne pas lire. Telle est la question. Un roman ? Une nouvelle ? Quelle histoire sera votre prochaine aventure ? Suivez nos auteurs sur le chemin de l’imaginaire... Qui sont-ils ? Quels sont leurs environnements de travail ? Où puisent-ils leur inspiration ? Comment inventent-ils leurs personnages ? Poursuivez votre lecture...

mardi 16 avril 2013

François Guérin - Auteur


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Mon premier roman a été publié en 1998. J’ai pu bénéficier d’un contexte où l’édition était davantage subventionnée qu’aujourd'hui et où le bassin de lecteurs était plus vaste. J’ai donc pu me consacrer à ma passion d’écrire, encouragé par la réception de mes manuscrits de la part de l’éditeur.

Le point de départ de mes livres est toujours différent. J’aime suivre une intuition à propos d’un sujet que j’ai envie d’approfondir. Selon le sujet, les recherches vont suivre et peuvent prendre plusieurs mois. Lorsque j’estime posséder environ la moitié de mon histoire en tête, je démarre l’écriture. Le reste fait partie du plaisir d’écrire où j’aime donner corps à mes personnages et les suivre au fur et à mesure qu’ils se définissent. Quelquefois, je ne sais pas comment le roman va s’achever; d’autres fois, je sais comment il se termine mais pas comment il commence! Et enfin d’autres fois, je suis à la lettre un plan bien ordonné du début à la fin. Cette variété d’approche est dictée par les sujets que je traite. Jusqu’à présent, elle n’a jamais été deux fois la même. D’une approche rigoureuse, imposée par la vérité historique, comme dans Messire Benvenuto à une approche plus libre comme dans La Peur du pire, le style et la démarche varient chaque fois.

Écrire un nouveau roman est également un défi d’écriture au sens où je cherche à ne jamais user des mêmes formules. La plupart du temps, j’utilise une narration à la première personne, parce que j’y suis plus à l’aise, mais à quelques reprises, je me suis essayé à la 3e forme, toujours conformément au souhait de mieux servir le récit. Le style également varie, toujours en fonction des personnages que je raconte. Les personnages et l’histoire sont les principaux moteurs de mes romans. Ce que je préfère le plus, c’est de me transposer dans la peau de personnages pour mieux comprendre ce qu’ils sont et essayer de deviner leurs pensées et leurs gestes dans telle ou telle situation. De ce fait, il n’y a rien d’autobiographique dans mes récits.



Je n’ai non plus aucun rituel ou habitude. En revanche, la rédaction d’un roman se prépare chaque jour dans ma tête. Lorsque j’ai un moment de libre, j’enchaîne ce que j’ai imaginé avec ce que j’ai déjà écrit. J’utilise un ordinateur et ses outils linguistiques pour toute la commodité que cela procure, mais également parce que la vitesse de rédaction à l’ordinateur correspond à mon rythme d’écriture. Écrire à la main est trop lent et me fait perdre le fil. Pour respecter mon rythme, je travaille par jets successifs. Le véritable travail commence une fois le premier jet du roman terminé. J’adore ce travail de relecture et de peaufinage du texte, la fluidité des enchaînements, le maintien de l’intérêt, le choix du mot juste, la tournure de phrase au service de l’image. Contrairement à beaucoup d’auteurs qui détestent les corrections d’épreuves, j’y trouve un grand plaisir, d’autant qu’il permet de bénéficier d’un regard extérieur, le réviseur, et qu’il s’agit de la dernière chance de donner la touche finale au texte. Quand le roman est publié, il représente le maximum de ce que j’ai pu faire.

Raconter une histoire est-il encore pertinent de nos jours, où tout semble avoir été dit et où le lectorat est constamment partagé entre de plus en plus d’intérêts et de loisirs? J’aime croire que oui, car les histoires servent à refléter notre époque et peut-être à mieux la comprendre. En revanche, il faut reconnaître que la place de l’écrivain s’amenuise. Être édité apparaît toujours comme une sorte de miracle qui fait rêver, mais force est d’admettre que le statut de l’écrivain, encore méconnu, recule chaque jour un peu plus. Pour ma part, j’insiste sur le fait qu’écrire est avant tout un immense plaisir et que c’est uniquement ce qui doit d’abord motiver le temps et l’énergie qu’exigent la préparation et la réalisation d’un roman.