Lire ou ne pas lire. Telle est la question. Un roman ? Une nouvelle ? Quelle histoire sera votre prochaine aventure ? Suivez nos auteurs sur le chemin de l’imaginaire... Qui sont-ils ? Quels sont leurs environnements de travail ? Où puisent-ils leur inspiration ? Comment inventent-ils leurs personnages ? Poursuivez votre lecture...

mercredi 15 mai 2013

Maurice Gagnon - Auteur




Vos éditeurs : La Plume d’oie, JCL, Fides, Mots en toile
Où vos romans sont-ils vendus : en librairie

Qui êtes-vous, en quelques lignes ?

Je suis natif et résidant de la région de la Côte-du-Sud, à l’est de Québec. De Saint-Pacôme, plus précisément. Je suis journaliste pour un hebdomadaire « Le Placoteux » et correspondant pour « La terre de chez nous ». Mon 4e roman sortira d’ici quelques semaines. J’ai aussi écrit une pièce de théâtre qui a été présentée une première fois par les élèves de l’école secondaire Chanoine-Beaudet de Saint-Pascal et ensuite par les adultes de l’École de théâtre Françoise-Bédard de Rivière-du-Loup.

D’où vous est venue l’envie d’écrire ?

Difficile à dire. Je me souviens qu’à l’école, lorsque le professeur nous demandait de faire une composition, contrairement à mes camarades de classe, j’étais content. C’est peut-être ce qui m’a mené en journalisme. Le désir d’inventer des histoires m’a guidé vers la fiction.

Quel a été votre parcours ?

Ma première œuvre littéraire publiée a été une courte nouvelle que j’ai présentée à un concours dans le cadre de l’émission Millefeuille de Radio-Canada, animée par Gaston L’heureux. J’ai remporté un premier prix et le privilège d’être publié dans le recueil. Mon premier roman a été produit à compte d’auteur avec une maison d’édition régionale. Ensuite, j’ai publié avec des éditeurs reconnus. Mes trois premiers livres sont des romans policiers. Mon quatrième est basé sur une histoire d’amour à l’origine d’un terrible scandale.

Quels sont vos romans disponibles en librairies ?

« Seul l’assassin a le droit de mentir », le premier, n’est plus disponible. « Coups de théâtre » (JCL) et « L’Isle silencieuse » (Fides) sont sûrement disponibles sur commande. « Les amants de Port-Joli » sortira le 15 mai.

Lesquels avez-vous préféré écrire et pourquoi ?

Chacun a sa particularité. J’ai beaucoup aimé, avec les trois premiers, le défi de mettre en place une intrigue policière qui saurait déjouer le lecteur à la fin. Mon dernier étant basé sur un événement historique, le défi était de rendre cette époque le plus fidèlement possible et d’intégrer des personnages réels. Donc, je crois avoir eu le même plaisir pour chacun. Et aussi la même angoisse...

Où puisez-vous votre inspiration ?

Pour les trois premiers, l’inspiration est venue d’une idée de départ. Pour le quatrième, l’idée part d’une histoire vraie. L’inspiration vient du travail.



Décrivez-nous votre façon d’écrire, votre environnement de travail, votre horaire.

Je ne fais pas de plan très détaillé, mais un synopsis. Je sais d’où je pars et où je veux aller. La chair autour de l’os apparait au fur et à mesure que l’histoire avance. Le gros du travail se fait dans les versions subséquentes. J’écris dans mon bureau et souvent, travail et vie familiale obligent, en fin de soirée.

Quels auteurs vous ont le plus influencé ?

Le mot influencé n’est peut-être pas le bon, mais, je dirais que j’ai été fasciné par Georges Simenon, l’auteur des Maigret. J’ai lu certains ouvrages sur lui et vu quelques émissions télévisées. C’est peut-être ce qui m’a amené à écrire des polars...

Quels livres vous ont le plus marqué ?

J’ai l’impression que les livres qui nous marquent le plus sont ceux qui, à l’origine, nous ont ouvert la voie vers les livres. Dans mon cas ce sont les albums de Tintin.

Avez-vous encore le temps de lire ?

Moins que je voudrais pour le plaisir. J’ai des lectures que je dois faire dans le cadre de mon travail ou pour préparer mes ouvrages. Mais j’essaie de me garder du temps pour mes coups de cœur littéraire.

Quel est le livre que vous lisez en ce moment ?

Après avoir vu le film Thérèse Desqueyroux réalisé par Claude Miller, ça m’a donné le goût de relire le roman du même nom écrit par François Mauriac.

Selon vous, que signifie « écriture poétique » dans un roman ?

Dans un roman, je crois que la simplicité est de mise pour bien rendre une histoire. Quand on réussit à faire couler les mots sans artifice ou fioriture, ça peut être une forme d’écriture poétique.

Auriez-vous envie de nous décrire votre première rencontre avec votre premier éditeur ?

J’avais travaillé avec une maison régionale pour mon premier roman, mais ma première rencontre avec un éditeur au sens où on l’entend fut vraiment le fruit d’une étonnante synchronicité. Je rencontre l’écrivain Pierre Caron en entrevue pour le journal. On continue de jaser après l’entrevue et j’oublie alors de prendre sa photo. Je le rappelle pour lui dire que je passerai le lendemain à son chalet le photographier. Entre temps, je me dis que j’en profiterai pour lui apporter mon manuscrit, ce que je fais le lendemain. C’est lui qui par la suite m’a mis en lien avec l’éditeur. Si j’avais pris la photo comme prévu lors de notre première rencontre... Qui sait ? Je ne serais peut-être pas en train d’écrire ces lignes.

Quels sont vos rituels d’écriture ?

Je n’ai pas de rituels en particulier. J’écris surtout le soir, dans mon bureau, directement à l’ordinateur.

Qu’est-ce qui vous distrait le plus lorsque vous écrivez ?

Si j’ai la mauvaise idée d’allumer la télévision... Je suis foutu.

Avez-vous un projet de roman en cours ?

J’en ai un qui va sortir dans les prochaines semaines, mais je n’ai pas commencé la rédaction d’un nouveau roman. J’ai un autre projet avec mon éditeur, mais il est trop tôt pour en parler.

Qui sont vos premiers lecteurs avant publication ?

Jusqu’à maintenant, mon éditeur. Mais je compte bien faire lire mon manuscrit à une ou deux autres personnes la prochaine fois avant de le soumettre. Ça permet d’arriver avec un produit plus « fini ».

Une citation qui vous a marquée ?

Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement, Et les mots pour le dire arrivent aisément, de Nicolas Boileau.

Avez-vous reçu des remarques surprenantes de la part de lecteurs ?

Le grand critique de polar Norbert Spehner a dit que, selon lui, mon dernier polar L’Isle silencieuse se classait parmi les cinq meilleurs titres publiés cette année-là.

Quel serait votre mot d’encouragement pour un nouvel auteur ?

Je lui dirais de ne pas attendre après l’inspiration. S’il a une idée de roman, c’est par le travail régulier qu’il va mener son ouvrage à terme.